Notice Historique


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NOTICE HISTORIQUE 

1640. Les Conférences académiques.
1688. Société des Belles-Lettres.
1729. Société des Sciences.
1746. Académie royale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. 1807. Académie des Sciences et Belles-Lettres.

Par ses origines, l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse a l’insigne privilège d’être l’aînée de son éminente sœur parisienne, née seulement en 1666.

C’est en 1640 en effet – cinq ans après la fondation de l’académie française – que, simultanément, plusieurs « beaux esprits » formèrent à Toulouse deux « Sociétés de gens de Lettres ». L’une, à l’initiative des tout jeunes frères Pellisson (Paul aura un jour l’exceptionnel honneurd’occuper un quarante et unième fauteuil créé spécialement pour lui à l’Académie française) se réunit rue des Argentiers (35, rue Gambetta) chez M. Jean Campunand, seigneur de Balma. L’autre créée par le pieux M. de Vendages de Malapeyre, sous-doyen du Présidial, siège dans l’hôtel monumental de ce dernier, 8, rue du Canard. Presque aussitôt, les deux Compagnies eurent la sagesse de fusionner. De cette union naquirent les Conférences Académiques qui se tinrent en l’hôtel de M. de Garréja, conseiller au Présidial et cousin de M. de Malapeyre, où chacun se rendait en toute simplicité s’éclairant lui- même d’une petite lanterne.

Chaque fois que le départ de Toulouse d’un ou plusieurs dirigeants déconcertera les membres de ces Conférences (les Lanternistes comme les appelleront les Toulousains) un homme entreprenant sera là pour reprendre le modeste mais symbolique flambeau.

En 1667, ce fut Jean-Georges de Garaud-Duranti, seigneur de Donneville, président à mortier au Parlement qui, de concert avec M. de Malapeyre, rani- ma les « Conférences et leur accorda un magnifique appartement dans l’hôtel de Mansencal, rue de Donne-Corailhe (1, rue Espinasse) ».

En 1669, M. de Masade tint les Exercices académiques au Collège de Foix, mais dès l’année suivante, M. de Nolet, Trésorier général de France, qui « attirait chez lui tout ce qu’il y avait de plus distingué de l’un et l’autre sexe par la douceur de ses concerts » les installa dans son hôtel de la rue des Augustins (7, rue des arts).

En 1680 le vieux et « savant » abbé Maury donna un éclat particulier aux séances publiques qui se tinrent dans une maison de la place du Pont-Neuf, généreusement mise à sa disposition par les capitouls.

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En 1688, l’éloquent avocat Adrien Martel, assisté de l’infatigable Gabriel de Vendages de Malapeyre, « renouvela » les Conférences académiques sous le nom de Société des Belles-Lettres. Les trois frères de Carrière leur don- nèrentasiledansleurcoquetappartementdelarueduTaur(prèsduCollègede Périgord). La Société institua alors un prix d’éloquence consistant en une médaille d’or où l’on voyait « d’un côté l’image du Roi en buste… le revers représentant la Pallas de Toulouse ».

En 1693, sept membres de la Société des Belles-Lettres dont Martel et Malapeyre lancèrent avec trois autres « beaux esprits » un délicat mani- feste au nom de la Compagnie des Lanternistes. Animés par M. de Lucas, les « Dix » se réunissaient chez M. de Malapeyre où ils se rendaient le soir venu « quand les étoiles commencent à briller », s’éclairant toujours de cette pe- tite lanterne qui avait valu leurs noms à leurs prédécesseurs. Leur principale occupation était l’organisation d’un concours annuel de bouts rimés à l’issue duquel le lauréat recevait une médaille d’or à l’effigie de « l’Apollon tou- lousain avec, au revers, une étoile entourée de la devise de la Compagnie : Lucerna in nocte ».

Mais le grand projet de Martel et de Malapeyre était d’obtenir, avec l’appui de l’intendant, M. de Basville, l’érection de la Société en Académie. Les lettres patentes de Louis XIV en date du 26 septembre 1694 mirent fin provisoirement à ces espérances en accordant la préférence aux Jeux Floraux.

Après le concours de 1704, les Lanternistes se réunirent plus modeste- ment, rue des Fleurs, chez M. de Mondran, seigneur du Mirail, trésorier général de France.

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En 1729, trois praticiens, « les sieurs Gouazé professeur royal en la Faculté de Médecine, Sage apothicaire et Carrière chirurgien » décidèrent de « renouveler » les assemblées de M. de Malapeyre « où l’on traitait les différentes Sciences ». Les Conférences académiques trouvèrent ainsi leur prolongement dans la Société des Sciences qui, avec la permission du cardinal de Fleury, put s’assembler légalement dès 1730 dans une mai- son de la place des Tiercerettes (à l’angle de la rue de la Chaîne et de la rue d’Embarthe). Après maints déménagements, elle s’installa plus confortablement en 1744 dans la grande salle de Concert de la rue des Pénitents-Bleus (5, rue du Lieutenant-Colonel Pélissier et 24, rue Montardy). La Société partageait son temps entre les nombreuses séances où ses membres dissertaient savamment sur les sciences (géométrie, astronomie, physique, anatomie, chimie et botanique), la création d’un jardin des plantes mis en ordre par J.-B. Maynard (rue Pouzonville) et celle d’un observatoire sur une tour des remparts (à l’angle du boulevard Carnot et de la rue du Rempart-Saint-Etienne) où Garipuy et Darquier multiplièrent leurs observations. Mais, par ailleurs, elle poursuivait avec ténacité d’habiles négociations pour être érigée en Académie.

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Grâce aux démarches exécutées à Montpellier par MM. Garipuy, de Bonrepos et de Caraman auprès de l’intendant Le Nain et surtout à Versailles par le président d’Orbessan auprès de la marquise de Pompadour, les incontestables mérites de la Société furent enfin reconnus. Le 24 juin 1746, Louis XV signait les Lettres patentes préparées par le comte de Saint- Florentin, transformant la Compagnie toulousaine en Académie Royale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. Celle-ci put alors acquérir en 1750 un local digne d’elle : l’hôtel de la Sénéchaussée (Église du Jésus, rue des Fleurs) où elle transféra son jardin botanique et auquel elle annexa en 1783 le « magnifique observatoire » privé de Garipuy. De 1782 à 1790, elle publia les quatre premiers tomes de ses Mémoires.

Par décret du 8 août 1793, la Convention ayant supprimé toutes les Académies, celle de Toulouse disparut en même temps que son illustre aînée l’académie des Jeux Floraux et sa benjamine l’Académie des Arts. Tous ses biens furent « mis à la disposition de la Nation », vendus ou dispersés.

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Quatorze ans plus tard, sous l’Empire, le vent ayant tourné, l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres fut purement et simplement rétablie par un arrêté du préfet Desmoussaux (30 octobre 1807) et installée dans l’ancien hôtel de l’Académie des Arts, au « Petit Versailles », rue Bonaparte (rue Lafayette).

Depuis cette date, tout ce que Toulouse a compté de savants, de chercheurs, de penseurs, d’érudits, de lettrés, s’est succédé dans ses fauteuils pour donner à l’Académie toulousaine un renom qui a franchi les frontières. Un grand nombre d’illustres savants français ou étrangers sont ou ont été ses membres d’honneur ou ses correspondants, parmi lesquels Linné, Milne-Edward, Marcellin Berthelot, Louis Pasteur, Frédéric Mistral, Clément Ader, Paul Sabatier, Charles Camichel, Léopold Escande, Albert Vandel, Henri Gaussen.

La percée de la rue d’Alsace ayant entraîné en 1875 la démolition du Petit Versailles, l’Académie a erré pendant vingt-trois ans de salle en salle dans un Capitole en voie d’achèvement. Depuis 1898, elle se réunit dans le magnifique hôtel d’Assézat, la demeure Renaissance que fit construire ce marchand enrichi par le commerce du pastel et que son dernier possesseur, le banquier Ozenne, légua à la Ville pour en faire le Palais toulousain des Académies. Elle y a constitué une importante bibliothèque de 50 000 volumes, surtout grâce à des dons et aux échanges qu’elle poursuit depuis deux siècles avec deux cent cinquante sociétés savantes étrangères et françaises.

Sous l’égide du génial mathématicien Pierre de Fermat, des milliers d’études et de communications constituant plus de cent soixante-dix volumes de Mémoires, des centaines de récompenses attribuées pour encourager les vocations naissantes ou confirmées, ont porté haut et loin son prestige qui se concrétise en cet hommage reçu en 1958 de l’Université Harvard, cette illustre grande sœur américaine, à l’occasion de la reprise des échanges avec les sociétés correspondantes : « Vous qui avez tant fait pour l’éducation du Monde ».

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« Lucerna in nocte ». Cette lampe, cette lumière en laquelle d’aucuns ont voulu voir un symbole, puisqu’ils en ont fait une étoile, un flambeau, l’Académie entend, pour le renom de notre pays en général et celui de Toulouse en particulier, continuer à la faire briller.

 

L’Académie a été reconnue d’utilité publique par décret du 8 août 1909.
Le diplôme de l’Académie, ses médailles et jetons sont à l’effigie de Fermat.

 

 



Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse
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