Mondialisation et responsabilité sociétale : DEFI ou DENI ?

Conférence par Jacques IGALENS
Professeur à l’ Université des Sciences Sociales
Directeur de la recherche de TBS (Toulouse Business School).
Hôtel d’Assézat,
Salle Clémence Isaure, rue de Metz
Mardi 6 mars à 17 h 30
Depuis dix ans les pressions des parties prenantes ont poussé les entreprises à essayer de prendre en
charge des problèmes qui n’ont parfois que de lointains rapports avec leurs métiers de base, le
réchauffement climatique, la faim dans le monde, la pandémie du SIDA, le sous-développement, les
populations défavorisées, la vie dans les quartiers difficiles, etc.. Ce mouvement connu sous le nom
de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) est souvent relié aux carences de la gouvernance
économique et écologique mondiale : face à l’impuissance des Etats les entreprises doivent-elles et
peuvent-elles prendre le relais ?
L’an dernier la publication de la norme ISO 26 000 (« Lignes directrices relatives à la responsabilité
sociétale ») a permis de fournir une définition claire et un contenu précis à une matière qui jusqu’ici
fluctuait selon les catégories d’entreprises et les cultures nationales. Mais cette norme d’application
volontaire place la barre très haut et pose certains problèmes relatifs à la légitimité d’une instance de
normalisation pour aborder des thèmes tels que les droits de l’homme ou le droit du travail.
Force est de constater que la crise actuelle n’a pas fait disparaître la RSE de l’agenda politique
puisque le gouvernement français s’apprête à publier un décret qui devrait rendre obligatoire la
reddition de comptes des entreprises françaises en matière sociale et environnementale. Ce
mouvement est-il irréversible ? Entre défi et déni quelle est la véritable responsabilité sociale de
l’entreprise ?
Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres de Toulouse
Union régionale des ingénieurs et scientifiques de Midi – Pyrénées.