26 février – Le Préfet rend visite à l’Académie.


Membre de droit (« Académicien né »), monsieur le Préfet a honoré l’Académie d’une visite à l’occasion de la séance privée du 26 février 2015.

Il a été accueilli à cette occasion par le Président de l’Académie, Alain Boudet qui  a présenté l’histoire et les ambitions de notre compagnie, présentation à laquelle il a fait écho par le rappel historique des liens entre l’Académie et l’institution préfectorale et par les opportunités d’action que les problèmes de société de tous ordres peuvent offrir à l’Académie.

Reme Allocution de bienvenue de monsieur Alain Boudet, président de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse.

 

 

Intervention du Président Alain Boudet lors de la visite à l’Académie de Pascal MAILHOS, préfet de région, préfet de Haute-Garonne, le 26 février 2015.

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Monsieur le Préfet, nous sommes très honorés et très heureux de votre visite. Comme vous le savez sans doute, d’après nos statuts, vous êtes Académicien né et par là-même membre de droit de notre académie . Vous êtes donc ici chez vous et au nom de l’ensemble des membres et en mon nom propre, je voudrais vous remercier pour l’attention que vous portez à notre institution et également vous souhaiter pleine réussite dans les chantiers que vous avez entrepris dans notre région. Permettez-moi de vous présenter quelques informations sur l’origine et la dynamique actuelle de notre académie.

Les académies que l’on qualifie de modernes ont émergé en Italie à la fin du XVIème siècle. C’étaient des académies de villes comme Bologne ou Padoue (où Galilée fut membre de l’Académie) et ce modèle a inspiré en France la création d’académies nationales puisque furent fondées au XVIIème siècle, en 1635 l’Académie Française et en 1666 l’Académie des Sciences. Les académies du Royaume ont ensuite favorisé le développement d’académies provinciales, l’Etat central voulant ainsi diffuser sa culture et sa langue.

A Toulouse, l’Académie des Jeux Floraux a été, en 1694, l’une des premières académies provinciales créées. Un peu plus tard pour compléter le caractère très spécialisé de cette académie (la dimension poétique), fut fondée en 1746, par lettres patentes de Louis XV, l’Académie Royale des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres, plus généraliste, qui vous reçoit aujourd’hui. Fait intéressant, Toulouse était au XVIIIème siècle la seule ville de province à posséder deux académies ce qui confirmait sa dimension culturelle qui avait été reconnue bien antérieurement quand on parlait de Toulouse La Palladienne. En 1793 la Révolution supprime toutes les académies et confisque leurs biens. C’est l’abbé Grégoire et le peintre David qui sont à l’origine de ce décret, le peintre David furieux parce que les académies ne reconnaissaient pas ses œuvres ! Mais l’éclipse est de courte durée, les académies se rétablissent rapidement et le XIXème siècle est leur âge d’or ; elles se multiplient et leur prestige s’accroît. A la fin du XIXème siècle, une date très importante pour nous est 1898. C’est l’année où nous nous installons dans ce magnifique Hôtel d’Assézat, à la suite du legs de ce bâtiment par le banquier Ozenne à la ville de Toulouse sous réserve expresse qu’il accueille les académies de Toulouse en devenant ainsi le “Palais des Académies”. Nous y sommes installés depuis plus d’un siècle. Après la deuxième guerre mondiale et les “trente glorieuses”, l’intérêt pour les académies diminue, certaines déclinent et même disparaissent, d’autres s’adaptent, comme la nôtre qui demeure très vivante et très active et qui s’inscrit aujourd’hui à la fois dans la tradition et la modernité.

Alors qui sommes-nous ?

 Notre académie comprend cinquante membres titulaires, trente de la classe des sciences et vingt de la classe des inscriptions et belles-lettres et un nombre à peu près équivalent de membres correspondants et de membres étrangers. Ces membres appartiennent à la sphère universitaire pour trois-quarts d’entre eux, un quart correspondant à des représentants des entreprises, des organismes d’état ou de l’industrie. Nous couvrons ainsi une très large palette disciplinaire : les sciences, la médecine, les lettres, l’histoire, l’art, l’économie.

Je voudrais exprimer ma considération à mes consœurs et à mes confrères pour cette force intellectuelle collective qu’ils représentent. Nous avons eu, à l’occasion, un certain nombre de célébrités dans nos rangs, je parlerai du temps présent en indiquant que nous avons parmi nos membres un “Prix Nobel” Jean Tirole et le président de l’Académie Nationale des Sciences (Institut de France), le chimiste Bernard Meunier. Notre gouvernance relève d’une équipe de direction comprenant le Président et le Directeur qui sont élus pour deux ans, le directeur devenant automatiquement président au bout de ces deux ans, le Secrétaire Perpétuel qui assure la continuité de l’action et le Trésorier Perpétuel. Les décisions et les orientations sont prises collégialement en bureau.

Quelles sont nos activités ?

Nos activités se développent selon trois axes majeurs :

le premier c’est celui de la production de connaissances ; nous produisons des rapports, des analyses, des synthèses qui sont présentés oralement dans nos séances internes et qui sont ensuite rassemblés dans les “Mémoires de l’Académie” qui sont publiés annuellement.

le deuxième axe qui est sans doute le plus important est celui de la diffusion du savoir auprès du grand public à travers trois formules qui sont complémentaires :

 L’une, déjà ancienne, classique, bien connue et appréciée est celle des “Mardis d’Assézat” cycle de conférences sur des sujets extrêmement variés dans les domaines littéraires et les domaines scientifiques.

La deuxième formule est beaucoup plus récente, c’est celle que nous appelons “Les Grandes Ouvertures”, elle est développée en partenariat avec l’Université Paul Sabatier (UTIII) sur le thème “Les frontières de la Science”. Dans ce cadre trois intervenants sont impliqués et croisent leurs regards sur des sujets variés ; nous avons eu une conférence récente sur les développements inattendus des lasers, la prochaine conférence des “Grandes Ouvertures” sera sur l’impact des recherches dans le domaine de l’agriculture durable.

La dernière formule concerne l’organisation de colloques. Nous organisons annuellement un ou deux colloques. Nous avons organisé en 2014 un colloque sur la première guerre mondiale dans notre région à l’occasion du centenaire de cet évènement et un autre colloque sur le numérique. Cette année le prochain colloque organisé portera sur “Les relations entre l’État et les Entreprises – un siècle d’évolutions? ».

 Au delà de ce deuxième axe de diffusion des connaissances, nous avons une forte activité dans le domaine de l’attribution de prix à des jeunes diplômés méritants, généralement à de jeunes Docteurs, dans les différentes disciplines littéraires et scientifiques. Nous décernons une vingtaine de prix et cette initiative est fortement appréciée par les lauréats bien sûr mais aussi par leur environnement, leur famille leurs tuteurs.Elle est la seule de cette ampleur au niveau régional. Cette démarche reconnait et salue le mérite et l’excellence après une période où ce type de reconnaissance a été parfois taxé négativement d’un certain élitisme. Maintenant on retrouve de l’intérêt pour cette mise en lumière des talents.

Enfin nous contribuons aux activités locales organisées par les collectivités, nous avons fortement participé à “La Novela” ces dernières années et nous nous positionnons comme acteur dans le cadre du “Quai des Savoirs”.

Quels sont nos atouts et quelles sont nos limites ?

Nos atouts, je les situerais à trois niveaux :

Le premier c’est que nous sommes héritiers d’une longue et prestigieuse tradition (que nous ne valorisons probablement pas suffisamment) qui se concrétise en particulier par un fonds documentaire extrêmement riche, bibliothèque de plus de 50 000 ouvrages, archives et manuscrits intéressants. Cet héritage culturel nous permet d’apporter un éclairage original sur certains problèmes. Tradition

 Le deuxième point est notre pluridisciplinarité. Notre compagnie, cela a été dit, renferme des compétences très diversifiées ce qui nous permet de croiser des regards et d’envisager des approches ouvertes et transversales de problématiques diverses à un moment où cela parait de plus en plus nécessaire. Diversité

Enfin notre troisième atout est notre indépendance. Nous sommes tout à fait indépendants des pouvoirs, politiques, religieux et des différents lobbys et nos membres qui sont généralement dégagés des enjeux de pouvoir peuvent porter un jugement pertinent, avec sérénité et recul sur différents problèmes (et aussi proposer des capacités d’expertise). Indépendance

Notre limite principale à mon sens est le revers de notre indépendance, c’est à dire que nous manquons cruellement de moyens. Nous n’avons aucun personnel, pas de secrétariat, nous fonctionnons sur l’activité bénévole de nos membres et ceci est effectivement un point limitant de notre action. Nous ne manquons pas cependant de détermination ni d’engagement pour poursuivre nos différentes activités. Parmi ces activités une qui nous parait prioritaire est celle de la diffusion des savoirs. Actuellement, les savoirs s’accroissent très rapidement et la société oscille parfois entre émerveillement et inquiétude ou encore entre espoir et fantasmes. Il est de la responsabilité d’institutions comme la notre d’éclairer le public avec rigueur, avec mesure, avec cette vision transversale dont j’ai déjà parlé.

Ce sera notre objectif prioritaire avec celui évoqué plus tôt de nous insérer le plus étroitement possible dans la vie de la cité.

Je vous remercie.

Alain-Michel Boudet

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Allocution de monsieur Pascal Mailhos, préfet de la région Midi-Pyrénées, préfet de la Haute-Garonne.

Une médaille commémorative, un exemplaire des Mémoires de l’Académie et un livre sur l’Hôtel d’Assézat ont été remis à Pascal Mailhos qui a ensuite assisté à la présentation de la conférence de notre confrère Luis Farinas del Cerro sur l’histoire de l’informatique à Toulouse.

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Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse
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