Effets délétères cardiovasculaires et pulmonaires de la pollution atmosphérique par JP Bounhoure.
EFFETS DELETERES CARDIOVASCULAIRES ET PULMONAIRES DE LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE Par M. Jean-Paul BOUNHOURE Depuis plus de 20 ans de nombreuses études épidémiologiques et des travaux expérimentaux ont montré que la pollution atmosphérique aug- mentait la morbidité et la mortalité cardiovasculaire et pulmonaire dans la population générale, principalement dans les communautés urbaines. La pollution de l’air ambiant représente aujourd’hui un problème majeur de santé publique. L’exposition aux différents polluants provoque des effets délétères à court et long terme, favorisant une pathologie bronchique et pulmonaire, facilitant l’athérogénèse, semblant précipiter l’évolution de lésions athéroscléreuses latentes. (1-2-3-4). Bien que depuis 1990, la masse des polluants émis dans l’atmosphère ait régulièrement baissé, l’OMS considère que plus de 3 millions de décès par an sont attribuables à la pollution atmosphérique qui s’accroit dans les zones urbaines des pays en voie de développement. Une étude européenne attribua 6% de la mortalité globale, 2% des hospitalisations et près d’1% des infarc- tus du myocarde à la pollution dans les milieux urbains (5). Une étude a mon- tré que sur les 42.000 décès attribuables a la pollution plus de la moitié était due aux émissions du trafic routier. A Toulouse dans une population âgée de 34 à 64 ans, 4 à 5% des infarctus pourraient être attribués à ce nouveau fléau (6). Même si les risques sont faibles en comparaison de ceux induits par les autres facteurs de risque cardiaques, la prévalence universelle de l’exposition fait que le nombre d’événements cardio-pulmonaires attribuables à la pollution est important. Les troubles cardiovasculaires sont la conséquence d’une réaction inflammatoire au niveau des poumons et des vaisseaux, d’une stimulation sympathique, du rôle thrombogène des polluants facilitant la sur- venue d’événements coronariens aigus, d’arythmies et de poussées d’insuffisance cardiaque. Liée au trafic automobile, aux fumées industrielles, aux conséquences du chauffage domestique, l’exposition chronique aux particules fines, aux polluants photooxydants, justifie des mesures de prévention qui doivent inciter à des progrès technologiques, à un contrôle rigoureux de la qualité de l’air, à des directives nationales et internationales précises pour réduire les émissions de polluants. I Directives L’amélioration de la qualité de l’air constitue à l’évidence un enjeu majeur pour la santé publique et notre environnement. Au niveau international l’OMS a défini pour un grand nombre de polluants des valeurs guides de concentration de l’air extérieur à atteindre par les états pour réduire les impacts sur la santé. La Commission Européenne a proposé comme objectif...Lire la suite...